DAULTANNE Joseph (1759-1828)

D’origine aristocratique, d’Aultane devenu Daultanne fut un bon chef d’état-major de Davout d’Austerlitz à Eylau, s’illustrant notamment à Pultusk. Il rejoindra le camp royaliste à la 1ère Restauration.

Joseph Augustin Fournier de Loysonville, marquis d’Aultane, est né à Valréas, dans le Vaucluse, le 18 août 1759. Il intègre en 1776 le régiment de La Marche infanterie en qualité de cadet gentilhomme. Il gravit les échelons peu rapidement puisqu’il n’est nommé capitaine que le 10 mai 1792. Après cette date, son ascension s’accélère : il sert dans les états-majors de l’Armée du Midi, de l’Armée de la Moselle, de l’Armée de Sambre-et-Meuse avant d’être nommé adjudant général chef de brigade, grade confirmé par le Comité de salut public le 18 juin 1795. Général de brigade le 5 février 1799, Daultanne est employé à l’état-major de Jourdan. A l’Armée du Rhin, il sert à Stockach, Memmingen et à Hohenlinden (3 décembre 1800) en qualité de chef d’état-major du général Grenier. Comme beaucoup d’anciens de l’Armée du Rhin, il connaît une certaine disgrâce à la suite du procès du général Moreau. Ce n’est que le 1er septembre 1805 qu’il retrouve une affectation, en étant nommé chef d’état-major du 3ème corps sous Davout.

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Le général Daultanne sert donc à Austerlitz et à Auerstaedt. Au lendemain de la bataille, Davout écrit à Berthier : « L’adjudant général Hervo, sous-chef d’état-major, ainsi que son brave chef le général Daultanne, se sont particulièrement distingués ». Le 26 décembre 1806, c’est Daultanne lui-même qui commande la division Gudin lors des combats de Pultusk. Cela lui vaut d’être aussitôt promu général de division (31 décembre 1806). Il participe bien entendu à la meurtrière bataille d’Eylau avant d’être nommé, en juillet 1807, gouverneur de Varsovie. Un an plus tard, il est fait baron de l’Empire (2 juillet 1808) mais doit rejoindre, peu après, l’Armée d’Espagne en qualité de chef d’état-major du 5ème corps (Mortier). Il reste en Espagne jusqu’en 1812 avant de rejoindre l’Armée des Pyrénées sous Harispe. Nommé chef d’état-major du maréchal Soult, il participe au combat de Saint-Etienne de Baïgorry (11 janvier 1814) et à la bataille de Toulouse (10 avril 1814).

A la 1ère Restauation, le général Daultanne fait allégeance au Roi, ce qui lui vaut d’être nommé inspecteur général de l’infanterie et un titre de marquis. Il rejoint le duc d’Angoulême dans le Midi et devient son chef d’état-major. Il est fait grand officier de la Légion d’honneur puis négocie avec le général Gilly la capitulation de La Palud.

Au retour de l’Empereur, Daultanne, rappelé à Paris, est bien évidemment destitué, rayé des contrôles de l’armée et envoyé en résidence surveillée à Grenoble (18 avril 1815). Réintégré dans son grade par ordonnance royale du 1er août 1815, le général Daultanne refuse le commandement de la 2ème division militaire et demande à faire valoir son droit à la retraite, qui lui est accordé (18 octobre 1815).

Commandeur de l’ordre de Saint-Louis (1819), le général Daultanne s’éteint dans sa ville de Valréas le 7 janvier 1828.