GORDON James (1794-1855)

Gordon n’est certes pas un membre de la famille du maréchal mais le précepteur de son fils. Il acquierrera l’estime et la confiance du prince d’Eckmühl jusqu’à devenir son secrétaire particulier et même son confident.

Jacques Joseph Gordon est né le 9 décembre 1794 à Pons (Charente-inférieure). Il est le fils de Joseph Gordon, négociant, et de son épouse Marie, née Fleuret. Curieusement, et sans que l’on sache pourquoi, il signera toujours James Gordon.

On ne connait pas non plus les circonstances de sa rencontre avec le maréchal Davout. Toujours est-il que le prince d’Eckmühl le choisit pour être le précepteur de son fils. Voici ce qu’en écrit Gabriel de Chénier : « Le maréchal avait placé près de son fils un précepteur qu’il avait choisi et aux leçons duquel il assistait constamment. M. Gordon, homme intelligent, sage et très instruit, obtint bientôt toute la confiance du prince d’Eckmühl ; il devint son secrétaire particulier, sans cesser d’être professeur, et c’était dans les communications intimes qu’amenaient ses doubles fonctions, que le maréchal causait avec abandon de ses campagnes et des évènements politiques auxquels il avait pris part ».

Cet homme distingué (il mesure 1,75 m) que le maréchal n’appelle que Monsieur Gordon va en effet poursuivre sa mission auprès du jeune Louis Napoléon et devenir le secrétaire et confident du prince d’Eckmühl.

C’est à lui que le maréchal Davout raconte les évènements de 1815. Gordon prend des notes, effectue des recherches complémentaires et rédige le Mémoire sur les Cent-Jours qui sera utilisé par les biographes du maréchal mais jamais publié.

Monsieur Gordon est présent au mariage de Joséphine à Savigny (1821), et réside à l’hôtel de Monaco au moment du décès de Davout (1823). C’est encore à lui que le maréchal a dicté ses dernières volontés concernant l’organisation de ses funérailles. Dans son testament, le prince d’Eckmühl rend un hommage posthume à son fidèle secrétaire : « Je charge madame la maréchale de diriger et surveiller l’éducation de mon fils ; et si M. Gordon, son gouverneur actuel, qui a commencé avec tant de succès cette éducation, la termine, j’impose à mon fils l’obligation de lui payer, sur sa fortune personnelle, trois mille francs de rente viagère pendant sa vie, à compter du jour de mon décès, en reconnaissance des soins qu’il aura donnés à son éducation, dans laquelle rente sera confondu son traitement annuel, comme gouverneur de mon fils, pendant tout le temps que cette éducation lui sera confiée ».

On trouve trace, par la suite, de quelques correspondances entre la marquise de Blocqueville et Gordon, la fille du maréchal sollicitant la mémoire du confident de son père pour éclaircir certains points ou pour répondre à des détracteurs du prince d’Eckmühl. C’est d’ailleurs James Gordon qui est chargé par la marquise de Blocqueville de recopier le "Journal des opérations du 3ème Corps en 1806-1807" que le maréchal avait écrit et envoyé au ministère de la Guerre en janvier 1809. La marquise recommande ainsi l’homme de lettres au général Pelet : « C’est la personne qui vous remettra ma lettre qui sera chargée du travail de copie. Je n’ai pas besoin de vous dire qu’elle mérite toute confiance ; un mot suffira pour vous en donner la mesure : elle a été honorée de celle du Maréchal et de sa bienveillance toute particulière ».

On retrouve ensuite James Gordon propriétaire à Savigny en 1842. Le 29 août 1852, il est même élu conseiller municipal de Savigny-sur-Orge, puis réélu le 29 juillet 1855. Il n’est pas étonnant que cet homme de lettres soit désigné secrétaire à chaque session du Conseil. Mais, à partir d’août 1855, malade, il ne peut plus assister aux séances.

Chevalier de la Légion d’honneur, James Gordon s’éteint le 16 décembre 1855, sans alliance ni postérité, à la maison de retraite de Clermont dans l’Oise.